Une affiche électorale se colle sur les emplacements réservés par la commune (article L.51 du Code électoral), dans un format maximal de 594 × 841 mm, sans juxtaposition tricolore prêtant à confusion avec l'emblème national. Hors panneaux, l'affichage relatif à l'élection est interdit pendant les six mois précédant le scrutin, sous peine de 9 000 € d'amende. Voilà pour le cadre. Reste l'essentiel : la plupart des affiches respectent la loi et ratent leur cible.

À quoi sert vraiment une affiche électorale

L'affiche ne convainc personne. Elle se regarde trois secondes, en marchant ou en voiture, et son travail tient en deux missions : installer un visage et un nom, rappeler qu'une élection arrive. C'est le support de notoriété par excellence, le pendant urbain du tract politique qui, lui, porte la promesse et les preuves.

La conséquence pratique est brutale pour les programmes chargés : une affiche de campagne électorale réussie, c'est un visage et quatre mots. Le nom du candidat en énorme, un slogan court, éventuellement la date ou le scrutin. Tout ce qui s'ajoute se paie en lisibilité, et une affiche illisible à cinq mètres est une dépense pour rien.

Les panneaux officiels, le seul terrain de jeu

Pendant la période électorale, chaque commune réserve des emplacements d'affichage où chaque candidat, binôme ou liste dispose d'une surface égale (article L.51). Les panneaux sont installés pour l'ouverture de la campagne officielle, le deuxième lundi précédant le scrutin, et leur nombre est encadré par l'article R.28 : au plus cinq emplacements dans les communes de 500 électeurs et moins, dix dans les autres, plus un par tranche de 3 000 électeurs au-delà de 5 000, en plus des panneaux installés près des bureaux de vote.

L'attribution des panneaux suit l'ordre officiel des candidatures, le même que celui des bulletins. Concrètement, votre équipe de collage doit connaître la liste des emplacements (elle s'obtient en mairie), le numéro de votre panneau, et tenir un rythme de re-collage : une affiche recouverte ou arrachée qui reste en l'état une semaine envoie le pire des messages.

L'affichage sauvage, six mois d'interdiction et une vraie facture

C'est le point que beaucoup de candidats découvrent en recevant la mise en demeure. Le troisième alinéa de l'article L.51 interdit tout affichage relatif à l'élection en dehors des emplacements officiels pendant les six mois précédant le premier jour du mois du scrutin, y compris sur le panneau d'un autre candidat. Seule exception prévue par le texte : les panneaux d'expression libre, là où la commune en a installé.

Les sanctions s'empilent sur trois niveaux :

  • L'enlèvement d'office. Le maire, ou à défaut le préfet, peut faire retirer les affiches après mise en demeure du candidat (L.51, dernier alinéa).
  • L'amende. La violation de l'interdiction est punie de 9 000 € d'amende (article L.90), qui sanctionne aussi le détournement d'un panneau officiel de son usage.
  • Le pénal pour le candidat. Celui qui profite d'un affichage irrégulier, sur sa demande ou avec son accord exprès, encourt un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (article L.113-1).

S'y ajoute le risque comptable : une dépense d'affichage irrégulière inscrite au compte de campagne est une prise de risque devant la CNCCFP. Le collage nocturne hors panneaux appartient au folklore, pas à une campagne pilotée.

Format, couleurs et mentions

L'article R.27 fixe les deux contraintes de conception :

  • Le format. 594 × 841 mm au maximum, le format A1. En pratique, les affiches officielles se déclinent aussi en petit format pour l'annonce des réunions publiques.
  • Les couleurs. Sont interdites l'utilisation de l'emblème national et la juxtaposition des trois couleurs bleu, blanc et rouge dès lors qu'elle entretient la confusion avec l'emblème national, l'emblème d'un parti restant autorisé. Depuis le décret du 27 décembre 2019, c'est bien la confusion qui est visée : du bleu et du rouge séparés ne posent pas de difficulté.

Comme tout imprimé rendu public, l'affiche porte le nom et le domicile de l'imprimeur (loi du 29 juillet 1881). Et comme pour le tract, aucun visa ni dépôt préalable n'est exigé.

Le remboursement, à ne pas laisser filer

Les affiches de la propagande officielle font partie des frais remboursés par l'État, avec les circulaires et les bulletins de vote (article R.39) : deux affiches grand format par emplacement, plus les petites affiches d'annonce des réunions, sur justificatifs. Deux conditions à ne pas rater : atteindre le seuil de suffrages exigé pour le scrutin (5 % dans le cas général) et imprimer sur papier de qualité écologique, exigence sans laquelle le remboursement saute. Les tarifs maximaux sont fixés par arrêté préfectoral, votre imprimeur les connaît.

Le reste de l'affichage, celui des panneaux d'expression libre notamment, relève des dépenses de campagne ordinaires : payé par le mandataire financier, imputé au compte, dans le plafond.

La méthode, une affiche qui fait son travail

Les règles posées, ce qui distingue une affiche qui installe d'une affiche qui décore tient en quatre décisions.

La photo d'abord. Plein cadre, récente, regard vers l'objectif, fond neutre. L'électeur doit reconnaître dans la rue le visage qu'il verra sur le bulletin. Les photos de groupe, les poses en action et les arrière-plans de monuments diluent le seul actif de l'affiche.

Le nom en très gros. Plus gros que le slogan, plus gros que tout. Le test est le même que pour le tract : à cinq mètres et en trois secondes, on doit lire le nom et retenir le visage. Si le slogan se lit mieux que le nom, la hiérarchie est inversée.

Quatre mots qui tranchent. Un slogan d'affiche n'argumente pas, il positionne. « L'école d'abord » travaille ; « Ensemble, construisons l'avenir de notre territoire » tapisse. Les mots doivent être les mêmes que sur le tract, le site et les réseaux : l'affiche est un rappel, elle ne fonctionne que si tout le dispositif répète la même chose.

La cohérence dans la durée. Une seule identité visuelle du premier jour au scrutin. Changer d'affiche en cours de campagne, sauf pour le second tour, revient à repartir de zéro dans la mémoire des électeurs.

Questions fréquentes

Où a-t-on le droit de coller des affiches électorales ?

Sur les emplacements officiels réservés par la commune (article L.51 du Code électoral), où chaque candidat dispose d'une surface égale, et sur les panneaux d'expression libre là où ils existent. Partout ailleurs, l'affichage relatif à l'élection est interdit pendant les six mois précédant le premier jour du mois du scrutin, y compris sur le panneau d'un autre candidat.

Quel est le format d'une affiche électorale ?

594 × 841 mm au maximum (format A1), fixé par l'article R.27 du Code électoral. Le remboursement de la propagande officielle couvre deux affiches de ce format par emplacement, plus les petites affiches annonçant les réunions publiques.

Le bleu-blanc-rouge est-il interdit sur une affiche électorale ?

L'article R.27 interdit l'emblème national et la juxtaposition des trois couleurs dès lors qu'elle entretient la confusion avec lui, sauf reproduction de l'emblème d'un parti. Des touches de bleu ou de rouge séparées restent possibles ; un dégradé tricolore imitant le drapeau ne l'est pas.

Que risque un candidat pour affichage sauvage ?

L'enlèvement d'office par le maire ou le préfet après mise en demeure, 9 000 € d'amende (article L.90), et jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende pour le candidat qui a profité de l'affichage irrégulier sur sa demande ou avec son accord exprès (article L.113-1).

Les affiches de campagne sont-elles remboursées ?

Celles de la propagande officielle le sont, sur justificatifs et dans la limite de tarifs préfectoraux : deux affiches par emplacement et les affiches d'annonce des réunions, à condition d'atteindre le seuil de suffrages exigé et d'utiliser un papier de qualité écologique (article R.39). Le reste de l'affichage relève des dépenses de campagne classiques, payées par le mandataire.

L'affiche est le rappel, pas le message

Une affiche électorale réussie ne dit qu'une chose, mais partout et tout le temps : ce visage, ce nom, cette ligne. Le message complet, lui, passe par le tract, le terrain et le numérique. Pour vérifier une règle sur votre cas, notre chatbot Règles électorales cite les textes ; pour concevoir l'identité complète de votre campagne, parlons-en.